ИЛЬЯ ЧЛАКИ - LE CHAOS ET SES AVANTAGES OU FERMEZ VOS PORTES (Хаос с плюсом, или закройте двери!!)

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              И Л Ь Я   Ч Л А К И

    LE CHAOS ET SES AVANTAGES OU FERMEZ VOS PORTES (Хаос с плюсом, или закройте двери!!)

    Traduction du russe vers le français effectuée par Carole Mettler Kremer

     

     

     

    LE CHAOS ET SES AVANTAGES

     

    OU

     

    FERMEZ VOS PORTES

     

     

    Personnages :

     

    Une Femme

    Un Homme

    Une Jeune femme

    Un Jeune homme

     

     

    Un appartement. Une Femme vaque à ses occupations ménagères.

    Un Homme entre avec fracas.

     

     

    L’HOMME : Le chaos ! C’est le chaos !

    LA FEMME : Dieu que vous m’avez fait peur !

    L’HOMME : Parce que l’un va par-là, l’autre vient par ici, celui-ci le suit et celui-là le fuit !

    LA FEMME : Plaît-il… ?

    L’HOMME : Il est bien possible que ce soit légitime, et peut-être que beaucoup mériteraient de… mais quand même, c’est le chaos !

    LA FEMME : Le chaos ?

    L’HOMME : J’ignore qui a raison et qui a tort, ce n’est pas mon affaire, mais le seul principe est pour me déplaire !

    LA FEMME : Veuillez m’excuser…

    L’HOMME : Je ne supporte pas ça ! Depuis l’enfance. Et là, c’est partout, où que je tourne mon regard !

    LA FEMME : « Le chaos » ?

    L’HOMME : Vous avez vu ?!

    LA FEMME : Je ne comprends pas…

    L’HOMME : Donc, vous n’avez pas vu ?

    LA FEMME : De quoi parlez-vous ?

    L’HOMME : De ce dont parle tout le pays.

    LA FEMME : Et de quoi parle tout le pays ?

    L’HOMME : Vous n’avez donc rien entendu, rien vu et ne souhaitez rien savoir ?

    LA FEMME : Je ne suis pas curieuse, c’est vrai.

    L’HOMME : Non d’un p’tit bonhomme.

    LA FEMME : Quoi ?

    L’HOMME : La bonne blague. Quel est votre métier ?

    LA FEMME : Cela ne vous regarde pas.

    L’HOMME : Bon Dieu, mais qu’ont donc les gens ! Vous n’en avez rien à faire de personne, c’est ça, ou quoi ?!

    LA FEMME : Que vient faire mon métier là-dedans ?

    L’HOMME : Vous, que venez-vous faire là-dedans ?

    LA FEMME : Pour votre gouverne, je ne travaille pas.

    L’HOMME : Je m’en doutais.

    LA FEMME : Ça se voit tant que ça ?

    L’HOMME : Quoi ?

    LA FEMME : Mon âge. Je suis à la retraite.

    L’HOMME : Ce n’est pas pour ça ! Mais parce que vous n’en avez rien à faire de rien. Vous êtes indifférente. Moi, j’ai d’autres convictions, je suis un homme de la vieille école, comme on dit, et je ne peux pas passer à côté.

    LA FEMME : A côté de moi ?

    L’HOMME : A côté du malheur, à côté de l’injustice !

    LA FEMME : Tout va bien pour moi.

    L’HOMME : Justement ! Pour vous, ça va, mais pour le pays, pour les gens, ça ne va pas.

    LA FEMME : Vous faites irruption chez moi, vous criez, vous avez un comportement bien incorrect.

    L’HOMME : La porte était ouverte.

    LA FEMME : Et vous pénétrez, comme ça, par toutes portes ouvertes ?

    L’HOMME : Ecoutez, vous ne savez vraiment rien ou bien vous faites semblant ?!

    LA FEMME : Je ne lis pas les journaux, je ne regarde pas les informations, j’essaie de ne pas trop sortir, mais j’aime bien les émissions sur la santé et la cuisine. Et vous, lesquelles aimez-vous ?

    L’HOMME : Je ne comprends pas de quoi vous parlez !

    LA FEMME : Mais, de bonne chair avant tout. Moi-même, j’aime faire la cuisine et regarder comment les autres la font. Quoi de mieux que la nourriture ? Surtout si elle est préparée avec amour. Il faut de l’amour dans tout. Même dans la nourriture. Je n’ai pas raison ? Vous voulez manger ?

    L’HOMME : Non.

    LA FEMME : Je vous apporte ça. J’ai des restes d’hier. Mais c’est bon quand même. Si vous entrez ainsi chez les gens, vous apprécierez sûrement du réchauffé. Que préférez-vous ? Viande ou poisson ?

    L’HOMME : Vous auriez quelque chose à boire ?

    LA FEMME : Je vais aussi vous donner à boire. Mais là, tout de suite, je vous parle de manger.

    L’HOMME : D’abord, donnez-moi un verre.

    LA FEMME : Servez-vous, là-bas, choisissez à votre convenance, à votre goût.

    L’homme inspecte les bouteilles.

    L’HOMME : C’est une vraie collection que vous avez là. Vous êtes fan ?

    LA FEMME : J’en ai hérité de mon mari. Avant, lui était fan.

    L’HOMME : Il a cessé d’être ?

    LA FEMME : Où allez-vous chercher des mots pareils ? C’est ça, il a cessé d’être.

    L’HOMME : Il est mort, donc ? Mes condoléances.

    LA FEMME : Vivant. Nous sommes divorcés.

    L’HOMME : Et c’est tant mieux. Je vais me servir de ça, je peux ?

    LA FEMME : On vous l’a déjà dit, ce que vous voulez.

    L’HOMME : Ou plutôt ça. Non, ça, ça là, c’est le meilleur. Ben dis-donc, il y en a sur trois rangées.

    LA FEMME : J’en ai encore à la cave.

    L’HOMME : Vous ne voulez pas m’accompagner ?

    LA FEMME : Je ne bois pas.

    L’HOMME : Ben oui, sinon ça ne serait pas là. A votre santé.

    LA FEMME : Mmmh.

    L’homme boit une rasade.

    L’HOMME : C’est quelque chose !

    LA FEMME : Vous prendrez du poisson ou de la viande ?

    L’HOMME : Je prendrais bien de la viande. Mais, c’est quoi comme poisson ?

    LA FEMME : Du saumon.

    L’HOMME : Le poisson n’est pas la question. Va pour le saumon.

    LA FEMME : Je vous le fais réchauffer ? Mon saumon peut se manger froid. C’est la recette qui veut ça : on le mange comme on veut.

    L’HOMME : Froid, dans ce cas.

    LA FEMME : Avec une garniture ? Pommes de terre, riz, macaroni ?

    L’HOMME : Froide aussi ?

    LA FEMME : Chaude.

    L’HOMME : Avec du pain.

    La Femme lui sert son assiette de poisson. L’Homme mange.

    LA FEMME : J’ai encore deux salades.

    L’HOMME : Quoi comme salades ?

    LA FEMME : Des artichauts au parmesan et une salade verte.

    L’HOMME : Je ne mange pas de salade.

    LA FEMME : A ce que je vois, vous êtes affamé.

    L’HOMME : C’est quand je suis énervé…

    LA FEMME : Mangez tranquillement.

    L’HOMME : Et vous ? Vous ne m’accompagnez pas ?

    LA FEMME : C’est déjà fait.

    L’HOMME : Je bois un p’tit coup, d’accord ?

    LA FEMME : Vous aimez ?

    L’HOMME : Non, c’est juste que vous avez un tel choix, je n’en ai pas essayé la moitié. Et il y en a encore à la cave, disiez-vous.

    LA FEMME : Oui. Comment trouvez-vous le poisson ?

    L’HOMME : Bon. Merci beaucoup.

    LA FEMME : Il y a encore du dessert : des fruits et du gâteau. Vous en prendrez ?

    L’HOMME : Non, je vais plutôt rester là-dessus… En général, je ne bois pas, juste un petit peu de temps à autre. Mais, vous avez une telle collection…

    LA FEMME : Oui, oui, servez-vous.

    L’homme boit.

    LA FEMME : Vous vouliez me raconter quelque chose.

    L’HOMME : Concernant le poisson ? Excellent. Froid, et pourtant…

    LA FEMME : Pas à propos du poisson.

    L’HOMME : Aaah, la collection, elle est tout simplement renversante. Mais, je n’ai pas encore vu la cave.

    LA FEMME : Non.

    L’HOMME : Mais, quoi donc alors ? Non, je ne vois pas. Vous parlez par énigmes.

    LA FEMME : Mais vous criiez comme un possédé.

    L’HOMME : Moi ? Allons donc…

    LA FEMME : Vous êtes arrivé dans un tel état d’excitation.

    L’HOMME : Mais, c’est en vous voyant.

    LA FEMME : Et à présent, vous ne vous souvenez de rien. Peut-être bien que vous êtes effectivement fou, non ?

    L’HOMME : Mais enfin, pourquoi dites-vous ça ? Je suis une personne parfaitement normale.

    LA FEMME : Vous êtes atteint de sclérose ?

    L’HOMME : J’ai fait un check-up récemment. Je suis un homme en parfaite santé. A des endroits distincts, je suis même plus jeune que mon âge.

    LA FEMME : Distincts ?

    L’HOMME : A certains endroits, je suis dans les normes, à d’autres, je suis plus jeune, bien plus jeune. Je peux me servir ?

    LA FEMME : Servez-vous, je vous l’ai déjà dit.

    L’homme se sert un verre.